11 octobre 2021

Transat Jacques Vabre, un parcours stratégique et semé d’embûches

Le 7 novembre prochain, 80 bateaux seront sur la ligne de départ au large du Havre et mettront le cap en direction de Fort-de-France en Martinique.

Cette édition 2021 bat tous les records avec 45 duos inscrits dans la Class40. Un plateau exceptionnel
qui annonce une belle bataille sur ces 4 600 milles de parcours.

LE PARCOURS VU PAR AMÉLIE GRASSI

1 / Le départ et la sortie de la Manche : « une petite course dans la course » 

« Généralement, le départ se fait au près, dans du vent, il fait froid et il y a de la mer. C’est déjà un premier moment important, surtout que nous allons être beau- coup de bateaux sur la ligne donc il faudra être vigilantes. Après, c’est assez tactique pour essayer de se dégager du paquet et se position- ner pour quitter la Manche. On envisage sou- vent les choses tronçon par tronçon, et la sortie de la Manche, c’est comme une petite course dans la course. Ce n’est pas tellement de l’endurance, c’est plutôt de réussir à tirer son épingle du jeu et d’être réactives. » 

2 / Le « dégolfage » 

« Après il s’agira de dégolfer, c’est-à-dire sortir du Golfe de Gascogne. À cette saison-là, nous ne sommes pas à l’abri d’un enchaînement de dépres- sions qui pourraient donner des conditions poten- tiellement musclées. Il faudra réussir à les traverser, et le positionnement stratégique sera alors très im- portant. Au nord, au sud ou au milieu. Nous devrons faire les bons choix car ils pourront avoir de grosses conséquences en termes de position dans la flotte. » 

3 / Tout schuss vers le Sud ! 

« Ensuite, nous allons foncer au sud pour rejoindre la seule marque de parcours obligatoire pour les Class40 qui se situe au Cap-Vert. Ce sera sûrement un moment de vitesse pure plus que de stratégie. Puis nous mettrons le clignotant vers les Antilles. » 

4 / Les alizés pour corser la dernière portion vers la Martinique 

« Après cette portion-là, si tout se passe bien, c’est encore de la glisse et du portant. Les choix de tra- jectoires seront une nouvelle fois déterminants et ce sera fondamental d’avoir une bonne vitesse. Les alizés sont des vents capricieux qui apportent, généralement la nuit, des passages nuageux et des grains qui peuvent représenter une perte ou un gain énorme. Nous devrons rester lucides et bien sentir les choses pour gérer au mieux cela et éviter ou s’extirper de zones qui pourraient s’avérer piégeuses. » 

Le Class40 La Boulangère Bio prend forme au chantier JPS à la Trinité-sur-Mer

Dans les bâtiments du chantier JPS à la Trinité-sur-Mer, la construction du Class40 La Boulangère Bio a débuté mi-mai. Ce plan Raison, du nom de son architecte, devrait être mis à l’eau au mois d’août prochain. S’en suivront d’intenses navigations afin qu’Amélie prenne en main sa nouvelle machine avec laquelle elle s’élancera en novembre prochain pour sa première transatlantique en double, la Transat Jacques Vabre.