7 novembre 2021

Cap sur la Martinique !

Après 10 jours passés au ponton du bassin Paul Vatine, le Class40 La Boulangère Bio a largué ce matin les amarres peu avant 9h30. Un moment très fort en émotions pour Amélie Grassi et Marie Riou, qui, il y a seulement quelques semaines de cela, mettaient à l’eau leur nouveau bateau. Si les deux navigatrices n’auront eu que peu de temps pour le prendre en main, c’est avec une motivation et une énergie incroyables qu’elles abordent cette première course. Leur complémentarité et leur complicité devraient être également de précieux atouts sur cette transatlantique longue de 4 600 milles.
C’est à 13h27 précises que le coup de canon a retenti, libérant les 79 bateaux engagés sur cette 15è édition de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre. Le vent de secteur nord-ouest, bien présent au moment du départ, va faiblir au fil des heures et les concurrents vont devoir composer avec un fort courant. Des conditions compliquées qui ne vont laisser que peu de repos à Amélie et Marie durant ces premières heures de course. La suite ne sera pas plus aisée, car une fois la sortie de la Manche négociée, le duo La Boulangère Bio devra choisir entre deux options à la pointe bretonne. Soit une route sud directe sur laquelle le vent devrait être assez faible, ou alors une trajectoire par l’ouest avec des conditions annoncées plus soutenues. Tous ces ingrédients promettent d’ores et déjà un début de Transat Jacques Vabre passionnant !

@polaRYSE

LES DERNIERS MOTS AU PONTON

Amélie Grassi, skippeuse La Boulangère Bio :
 

« Je me sens bien, je suis trop contente ! On part dans des conditions météo plutôt tranquilles donc avec Marie ça nous rassure pas mal. On va pouvoir reprendre en main le bateau petit à petit dans de bonnes conditions. On est focus sur la météo qui est assez incertaine, mais nous l’incertitude maintenant on sait gérer (rires) ! C’est assez émouvant ce départ des pontons, il y a toute l’équipe de La Boulangère, mes parents qui viennent d’arriver sur zone, les copains. Ce sont des moments forts en émotions. J’avais peur d’être envahie par le stress, mais en fait je suis juste trop heureuse d’y aller ! Je suis reposée, c’est cool car ce n’est pas toujours le cas en veille de départ. Je sens que je suis bien tranquille, c’est sûrement parce que je fais confiance à mon bateau et à ma co-skippeuse. Avec Marie on est remontées à bloc pour la course, on est passées en mode compétition ! J’espère qu’on va bien profiter et si les étoiles sont alignées, les résultats suivront !
Pour sortir de la Manche, il ne va pas y avoir vraiment de choix à faire, mais on va devoir tricoter dans peu de vent et beaucoup de courant, ça va être compliqué à gérer. On va s’arracher un peu les cheveux je pense car il y a souvent des passages à niveaux, donc il ne faut pas laisser les concurrents gagner quelques mètres, sinon ils gagnent quelques heures. Donc là ça va déjà être costaud. Et après, pointe Bretagne, on va avoir une décision à prendre effectivement. Deux options se dessinent, soit une route plus directe sur laquelle il devrait y avoir peu de vent. Ou alors une option plus à l’ouest qui suppose d’aller chercher davantage de vent, mais en y allant on ne sait pas si on l’aura vraiment. Donc pour le moment on ne sait pas trop ce qu’on va faire ! Il va falloir surveiller les modèles météo de près. »   

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Marie Riou, co-skippeuse La Boulangère Bio :
 
« Ce sont des sentiments un peu partagés ce matin, je suis émue et en même temps j’ai très envie de prendre le départ et d’y aller ! On est concentrées et très excitées à la fois avec Amélie. Je pensais que la dernière nuit à terre serait plus compliquée et en fait j’ai super bien dormi ! On est vraiment prêtes à faire des petits quarts pour aller jouer avec les cailloux contre le courant durant les premières heures de course. Il va falloir vérifier l’évolution de la météo et de la place de l’anticyclone pour savoir si à un moment donné on va plutôt vers l’ouest ou si on fait une route directe vers le cap Finisterre. On a deux jours avant de prendre cette décision, deux jours qui vont être compliqués car nous allons évoluer dans des vents faibles contre le courant. On a déjà de quoi être bien occupées avec ce programme ! »

Le Class40 La Boulangère Bio prend forme au chantier JPS à la Trinité-sur-Mer

Dans les bâtiments du chantier JPS à la Trinité-sur-Mer, la construction du Class40 La Boulangère Bio a débuté mi-mai. Ce plan Raison, du nom de son architecte, devrait être mis à l’eau au mois d’août prochain. S’en suivront d’intenses navigations afin qu’Amélie prenne en main sa nouvelle machine avec laquelle elle s’élancera en novembre prochain pour sa première transatlantique en double, la Transat Jacques Vabre.